Michèle Dhallu

Remuer, bouger, virevolter, gambiller, pirouetter, tourbillonner… au plus loin de  ses souvenirs le mouvement a toujours été dans la vie de Michèle Dhallu. Et seule la danse a su l’apprivoiser tout en lui laissant une part de liberté.

De sa première passion, la danse jazz, elle gardera l’énergie et le swing. C’est l’âge de l’adolescence, l’époque des cinémas de quartier et des grandes comédies musicales américaines qui réjouissent les mercredis et les dimanches après-midi.  Quelques années plus tard, c’est entre la faculté d’anglais et Paris Centre, où enseignaient les plus grands noms du jazz, qu’elle arpente Paris. Le choix d’un avenir s’est rapidement opéré.

Puis, un jour, survint la rencontre avec la danse contemporaine… le choc, l’évidence, la clarté ! C’est alors  l’époque des classes Cunningham à l’American Center de Paris, des cours Limon chez Peter Goss, du Graham avec Georges Tugdual, mais aussi des cours de danse à claquettes. Ensuite ce sont les « vertiges théâtraux » , la MC de Bobigny, Meredith Monk, Bob Wilson, Trisha Brown, le Théâtre de la Ville, Pina Bausch, Jean-Claude Galotta, encore Merce Cunningham, le Théâtre du Mouvement d’Yves-Marc et Claire Haeggen… Vient alors le premier séjour new-yorkais : NYC, l’incontournable et mythique destination pour les danseurs de sa génération.

De retour en France, en 1983, elle rencontre Viola Farber au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers. C’est incontestablement auprès d’elle que Michèle a appris l’exigence de la danse et en danse. Au cours de son parcours de formation se trouvent des compagnonnages et des rencontres plus fugaces et fulgurantes: Marcie Rapoport, Dominique Petit, Anne Koren, Didier Deschamps, Janet Panetta, Sarah Sugihara…

En 1985, s’impose la seconde traversée de l’Atlantique, un deuxième séjour américain pour retrouver l’incroyable tonicité du milieu de la danse new-yorkais, et c’est au retour que Michèle Dhallu fonde Carré Blanc Cie car l’envie chorégraphique s’était niché au plus intime. Depuis elle poursuit une écriture chorégraphique théâtralisée, physiquement très engagée, qui cherche sa raison d’être au plus intime de la personnalité des interprètes. La notion de « spectacle » lui importe au plus haut point même si la danse reste son médium d’expression privilégié, voici pourquoi elle cherche à bousculer les codes et barrières entre les champs artistiques, pour y saisir émotion, poésie, humour et surtout humanité.

Depuis 1992, elle chorégraphie également pour l’enfance, persuadée de l’exigence de ce public et de son adéquation profonde avec la danse.
« Il y a un lien quasi anthropologique entre la danse et l’enfance dans la mesure où le premier mode relationnel qu’un individu a dans la vie, qu’a un enfant, et parce qu’il ne parle pas encore, c’est le mouvement dans une acceptation large : mouvement dansé, non organisé, avec sa propre dynamique, son rythme. Un tout-petit n’a que son corps pour s’exprimer : la tension, les limites, l’abandon, la fluidité, le mouvement sec, rompu, carré… Le mouvement m’intéresse car il est instinctivement un mode relationnel entre les êtres ».