Les genoux rouges

« Il existe une sorte de pays, très petit, si petit qu’il ressemble un peu à une scène de théâtre. Il est habité deux ou trois fois par jour par son peuple. Les habitants sont petits de taille. S’ils vivent selon des lois, en tout cas, ils n’arrêtent pas de les remettre en cause, de se battre violemment à ce propos.
Ce pays s’appelle « La Cour » et son peuple « Les Enfants ». Lorsque « Les Enfants » vont dans « La Cour », ils découvrent, éprouvent la « force des sentiments ou la servitude humaine », on appelle cela « La Récréation ».»
Claire Simon, Synopsis du film Récréations – 1993

Durée : 60 min
Public : à partir de 5 ans

Les genoux rouges est le prolongement d’une rencontre. Celle d’avec 5 jeunes élèves circassiens (acrobates, mât chinois et portés main à main) du LIDO, école professionnelle de cirque de Toulouse, lors d’un projet pédagogique de fin d’étude où j’ai partagé ma réflexion et mon expérience de l’écriture jeune public : rythmes de jeu, perception et analyse des réactions du public, et leurs justes réappropriations dans le jeu au plateau. Le thème de l’enfance me paraissait alors idoine pour les faire travailler sur l’interprétation : comment jouer le rôle de l’enfant sans faire l’enfant ?

Je me suis donc nourrie des recherches de l’anthropologue Julie Delalande et de la documentariste Claire Simon, qui toutes deux ont longuement étudié les codes et rites que l’enfance construit dans les cours d’écoles, pour porter ces réflexions au plateau.

La cour de récréation est un lieu commun fréquenté plusieurs fois par jour et sur de longues années, un espace de relative autonomie pour l’enfant où il (elle) fait l’expérience du social, partage un même imaginaire en se transmettant le patrimoine enfantin du jeu et construit les fondements de son identité. C’est un espace dont les enfants sont acteurs et qui apparaît comme le théâtre d’une microsociété.
Microsociété, que j’ai maintes fois observée au long de mon parcours de chorégraphe engagée pour l’enfance. Alors j’ai posé à mon regard sur cette « pièce de répertoire » rejouée à l’infini qu’est la récréation, pour en chorégraphier ses jeux et ses enjeux, son chaos et sa stricte organisation, son grand collectif et ses petites individualités, ses explosions et ses introspections.

Une première maquette de 35 minutes, Cour de RE-création, est née de nos répétitions avec les élèves du LIDO. Elle servira de base de travail à une création de 60 minutes, que je souhaite faire évoluer vers une esthétique actuelle (notre premier clin d’oeil était pour Robert Doisneau) et plus intemporelle : les lignes du mât chinois et ses sangles d’attache définiront la scénographie, renforcée par des lumières abstraites, géométriques en charge de spatialiser le plateau. Quelques objets, de ceux qui peuplent les récréations (billes des enfants ou téléphones portables des adolescents, voire l’incontournable cartable) pourront s’inviter en scène. Il n’y aura pas de narration mais des focus sur les actions ou les relations. Enfin l’univers sonore, repris en partie du plateau, mixera bruitages et musiques pour immerger le public, mettre en abîme les enfants et réveiller des vécus chez les adultes.

Mais alors, pourquoi chorégraphier le cirque ? J’en avais envie depuis longtemps : confronter les proximités et les antinomies qui existent avec ma propre expression artistique, travailler avec l’intense physicalité, le goût de la performance et surtout la prise de risque, bien moins présente en danse. Il ne s’agira pas de faire « danser » des circassiens mais plutôt de sculpter des énergies et d’architecturer l’écriture de la pièce pour que les exigences du cirque et de la danse s’enrichissent et se mettent au service de la dramaturgie et de la poétique.

Michèle Dhallu, Août 2015

Distribution

Interprétation : Hanna Flemström et Max Behrendt : portés acrobatiques, Jean Couhet Guichot, Rick Pulford et Robin Socasau : acrobaties au sol
Chorégraphie :              Michèle Dhallu
Création sonore :          Marin Bonazzi
Création lumière :         Yves-Marie Corfa
Création costume :       Distribution en cours

Eléments techniques
Aire de jeu : 10m x 10m
Accroche mât chinois :  3 points
Hauteur sous cintres : 6m (un point d’accroche fixe dans les cintres)
Durée :  60 min
Jauge : 400 enfants + accompagnateurs

 

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